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Ma ville…
Je m’habille du temps du songe de la folie
Et de la foi pour parcourir le tour du monde.
Je m’habille du temps du songe de la folie
En déviant la loi de la pesanteur.
Ma ville…
Je m’oublie du côté gauche du désert
Et me songe du côté droit de la rivière
De l’âge d’or
Pour séduire tous les sens d’harmonies,
Des plus petits aux plus grands musiciens,
Pour y diéser les miens aux désaccords
De chaque membres du corps de ma ville
Dépourvue-deux-sens :
Sourires pluvieux suspendus
Sur les galeries des nuages,
Ustensiles des lèvres vides.
Ma ville,
Tu peux me regarder avec tant de sincérité blessée
A travers cent yeux sur les oasis des mots
Et tu sauras le bulbe de ta vision de ma mer douloureuse
Plus claire que l’eau du coco aux sources de syntaxes
De mes pleurs jouant entre les paumes des enfants hyperactifs.
Ma ville…
Je suis tant carbonisé par les désirs de ne pas te perdre,
Qui sont plus ardents que les pneus enflammés
Dans les rues de mes méninges des peuples écervelés.
J’ouvre les mains que tes mots noyés de colères
Chutent sur les cailloux de mes doigts oculaires.
Ma ville,
Des vies écœurantes sont à tes trousses.
Je vois défiler en collection la négative
De ta prime enfance, de ta vieillesse prématurée
Dans la chambre noire de ces débris de bouteilles
Aux coins des rues de ghettos
Où ce sont les sangs qui prophétisent.
Ma ville,
A chaque battement de corps
Tes souffles s’éteignent affolement dans mes yeux globuleux
Comme un boucan de bois de pins.
Ville cousue des allitérations d’histoire sanglantes.
Ma-las-ville-prostitution ambulante
Enlacée dans la mémoire des grands-rues nues,
Perdant leurs vêtements dans ces lambeaux de cœurs
Ombrés de nuits-jours-d’orgies.
Ma ville,
Mer de mes passions
Où fut enterrée
Ma corde ombilicale,
Où furent
Emportés les souvenirs de femmes
Menstruées dans mes braguettes immaculées.
Te bâtir dans ce pays de sable mouvant
On t’y effondra à coups de poings de béton armé
Je te bâtirai dans un lointain pays,
Dans ma chair,
Dans mon âme,
Et je monterai des murailles
Des forts plus forts que le séjour de la mort
Autour de toi, ma ville.
Claude Sainnécharles, poète haïtien
schleidenhaiti@yahoo.fr

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